Sinking Hearts
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3- Réponse

Il fait trop chaud dans ce bar. Lieu superficiel dans lequel se complait Julie. L'alcool lui monte à la tête. Louise se sent mal. Elle préfère sortir. Glisser de la musique dans ses oreilles.
Toutes deux avancent le long du fleuve. Julie voudrait lui sauter dessus. Mais elle a presque peur de Louise. Malgré sa timidité apparente, Louise pourrait lui briser le coeur, l'espoir d'un regard. Elle connaît son pouvoir, l'attise près du feu. Tant de coups de feu lui ont traversé la poitrine. Rendre la pareille aux autres est devenue un devoir. Non une habitude. Juste un devoir pour ce qu'elle fut. Les heures defilent sans que l'une et l'autre n'osent. Louise n'a même pas envie. Elle prépare sa vengeance muette sans le vouloir. Simple précaution.
Personne n'a jamais su. Qu'elle a du aller jusqu'à la clinique seule malgré plusieurs indications. Qu'elle a du signer, dire oui. Qu'on le lui a retiré. Si jeune. Personne ne sait non plus que ce n'était pas voulu. Ou que ses parents ne décèlent pas son désir pour le même sexe. Qu'elle s'arrête parfois au milieu d'une place publique.
Et se demande juste pourquoi.
Ce sentiment obstiné déchire et rend le ciel bien plus blanc qu'en réalité. Il rend les animaux plus tristes. La lumière bien trop vive et les cauchemars plus présents. Pourquoi. Elle et non le jeune homme à caquette rouge. Des lieux et non des moments précis.
Parce que dit Julie. Les précautions volèrent en éclat, ne restèrent que quelques soupirs.
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2. Promenades parallèles.
Julie marche, elle évite les passants. La rue est encombrée de tant de gens. Le sac sur son dos est lourd mais elle s'en fiche. La douleur est subjective. Elle a connu bien pire qu'un sac lourd sur le dos. Ses jambes avancent l'une et l'autre à une vitesse rapide, son buste semble les suivre par dépît. Elle n'attend jamais le feu rouge pour traverser, elle préfère risquer la mort, ça fait toujours quelque chose à raconter.
Elle rejoint ses amies. Celles auxquelles elle raconte ses aventures. Celles qui ouvrent de grands yeux au récit de ses exploits. Celles qui souffrent d'une jalousie maladive à son égard. Julie n'est pas timide, ni discrète. Julie est plein de défauts, elle le sait et elle n'analyse pas. Elle se fout pas mal du regard du passant à droite et de la couleur du ciel le matin. Elle aime les yeux, les bouches, les seins. Elle aime les esprits. Elle aime entendre parler et chanter, elle aime l'intelligence et la beauté aussi. Elle aime les avis tranchés et ne comprend pas la demi-mesure. Elle est impatiente. Elle a les cheveux courts. Elle n'a pas de seins. Elle ne se maquille pas. Elle préfère le non au oui.
Il y a longtemps, elle ne sait plus très bien, on a rit d'elle. Elle les entend encore - les rires.
Louise bat le rythme de ses talons. De grands cheveux noirs lui tombent sur ses épaules, sa frange l'abrite. Elle écoute de la musique. Ses doigts dansent sur son sac. Sa jupe est vraiment trop courte. Elle n'est pas sur d'elle. Elle fixe ses genoux. Elle est si timide. Sa voix presque inaudible n'est entendue par les inconnus que très peu. Son sourire - lui - à la vue de tous, charme.
Son téléphone sonne, elle répond. C'est asser dur de rester concentrée sur ses paroles, en l'imaginant physiquement, tout près. Les indications sont données, elle le range. Sa tête tourne un peu maintenant. Un sourire sur son visage se dessine. Elle relève la tête et souris à la rue devant elle. Elle prévoit mentalement la tenue à adopter, le vernis à choisir. Mais que dire?
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1. Louise
Louise est dans un centre commercial, elle vogue au hasard des magasins, achète des vêtements qui l'avantagent. Elle a beaucoup de goût. Elle est bien habillée, avec un visage magnifique et un regard un peu abstrait. Elle n'est pas assez mince, elle le sait. Louise descend les escalators pour prendre le métro, d'habitude ses yeux scrutent le monde, mais aujourd'hui elle n'a pas envie. Elle regarde simplement ses mains ou ses pieds. Louise est sur le quais, elle attend avec impatience, elle marche un peu, revient. Elle ne sent pas les regard qui se posent sur elle, les autres jours elle les aurait savouré un par un. Elle ne voit pas la fille de ses rêves un peu plus loin, elle a trop de problèmes. Cette fille justement s'approche, lui parle un peu. Louise ne saisit pas, ou des bribes de mots, elle sort tout juste de ses pensées. Ha oui, en gros une amie de cette fille si belle est attirée par elle, Louise, elle voudrait lui parler. Louise regarde l'amie, elle ne lui plaît pas, elle a un corps parfait et une mini-jupe, non elle ne lui plaît pas. Elle dit à la fille maigre en face d'elle, cette fille aux beaux vêtements, et a l'allure garçonne : "je suis bien lesbienne mais elle ne me plaît pas. désolé. je prefère les filles plus simples, plus mecs." Son regard rougit en direction de cette fille, elle s'appelle Julie. Louise déteste ce prénom, il est si ordinaire, mais Julie est tellement... extraordinaire. Le métro de Louise arrive pile au bon moment. Comme si tout était destiné à marcher. Comme si tout devait marcher.
Son regard se réveille un peu. Les passants autour d'elle deviennent des objets d'intêret. L'homme criant sur sa femme, une fille au téléphone... Tout s'anime et prend un sens. Le train roule, la ramène chez elle. Ses yeux se ferment.
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